Président
:
"Mes secrets
pour être au
top
lors
des grands rendez-vous"
Un reporter de votre blog s'est glissé dans les pas
du Président, il y a quelques semaines, et vous fait vivre en
exclusivité sa journée-type de préparation à un grand match du
lundi soir, depuis son réveil jusqu'au coup de sifflet final du
match. Etonnant...
7h30. Le Président se réveille. Cette nuit, il
a cauchemardé. Il jouait contre les Verts, et il avait "une
caravane accrochée au cul " (sic) qui l'empêchait d'avancer,
et "des semelles de plomb" qui ne lui autorisaient pas de
dégagements au millimètre comme à son habitude.
7h45. Quatre oeufs crus mélangés à la
fourchette dans un grand mug (aux couleurs de l'AS Monaco) et
café noir au menu du petit-déjeuner. "John Rambo buvait ça les
matins de matchs. Je ne suis pas encore Rambo, je ne suis pas
encore au top, je reviens de six blessures ce mois-ci. Mais ça va
mieux, je n'ai plus qu'une petite entorse au genou gauche et un
lumbago. Et une fracture à l'os d'un doigt de pied."
8 heures. Edson, son petit dernier, fait
son apparition dans la cuisine. Il traine derrière lui un
petit chariot rempli de jouets. "Hep hep hep, fiston, attention, je
te l'ai déjà expliqué, y a hors jeu là ! Le ballon doit
pénétrer dans la cuisine avant ton corps. Regarde, la porte est le
dernier défenseur, tu as compris ? Gaffe, sur un terrain, les
arbitres sont intransigeants avec ça, vaut mieux t'y habituer dans
la vie quotidienne. C'est avec des petits détails comme ça qu'on
devient un grand champion comme papa..." Le petit Edson sort de la
pièce, et refait son entrée en bonne et due forme. "Voilà, là on
n'est pas hors jeu, allez frappe !!! Non, je rigole. SIx mètres, la
balle est sortie, ton contrôle était raté."
9 heures. La douche est prise, le Président
vérifie à haute voix le contenu de son sac de foot pour la
rencontre du soir contre Nantes. "Short rouge et blanc,
short bleu, maillot rouge et blanc, maillot bleu, chaussettes
rouges, blanches, bleues, survêtement, slips fétiches domicile et
extérieur, serviettes temps sec, graviers mouillés et pelouse
synthétique, protèges-tibia, genouillère, jambières, coquille,
atèles, béquilles, crème chauffante, élasto, pansements,
mercurochrome, antidouleurs, anticoagulants, gatorade, juvamine,
cocaïne, aspro, guronsan, red bull, balle antistress... Bon, je
vais pas dresser toute la liste, mais quoi qu'il en soit, je
pense que tout est là!"
9h45. En voiture, direction le Parisien.
"Merde, j'ai oublié mes crampons."
10h30. Arrivée au Parisien. "Oui, je suis en
retard à la conf, mais je lâcherai rien, je les aurai mes 4 pages
sport !"
11h35. Sortie de la conférence de rédaction.
"Oui, bon, bein voilà, j'ai senti que je pouvais pas faire mieux,
j'ai eu droit à deux pages avec des pubs. De toute façon,
l'arbitre, aujourd'hui, voulait rien savoir. C'est toujours comme
ça avec lui. Il est zéro. Zéro. Pourtant, j'ai rien lâché. Il aime
pas Monaco de toute façon..."
12h15. Cantine du Parisien. Au menu, pâtes,
riz, pommes de terre, légumes verts, fruits, viandes rouges et
blanches. "C'est là que le match se joue. Protéines, vitamines,
lipides, glucides, c'est mon cocktail quotidien pour garder la
ligne..."
14h45. Fin du repas, retour au bureau. "Et hop,
une petite sieste !" Il s'assied sur sa chaise, et ferme les
yeux.
16h45. "Et hop, voilà ! 20 minutes pile, pas
une de plus ! Je fais pareil depuis 35 ans, je n'y ai jamais
dérogé! Et ça paye, puisque je ne perds jamais les jours où je fais
la sieste. Jamais. Sauf cette saison, et la saison dernière, entre
autres."
17h15. "Oulala, chers amis et collègues, faut
pas que je traîne, moi, on joue à Puteaux ce soir. Alors à pu
tard ! A Puteaux, à pu tard, ah ah, eh eh, t'as compris, là
? Allez, ciao les gars, et lâchez rien, je compte sur
vous !"
19h57. "Toujours pareil, je suis en
retard. C'est comme ça depuis 15 ans. Jamais débuté un match
titulaire, évidemment, ils se liguent tous contre moi pour me
pourrir mes matchs. A croire qu'ils viennent tous nous encourager
ce soir ! Pourtant, j'avais vu large, cette fois..."
20h05. "Je vais pas y être à l'heure, faut que
j'appuie sur le champi... Et merde." Un coup de sifflet retentit.
Il s'arrête sur le bas-côté. "Monsieur l'arbitre, laissez-moi vous
expliquer que vous vous trompez, non, non, je ne roulais pas
au-dessus de la vitesse réglementaire, je le sais, c'est moi qui
conduis quand même, vous êtiez masqué par le dernier
défenseur ! C'est toujours pareil avec vous, vous aimez pas
Monaco, tout le monde le sait. Quoi ? Mais non, j'ai pas grillé le
feu non plus ! T'es un malade toi, lache ce ballo, je te
brise le tibia si tu ne laches pas ce ballon, ne t'approches
pas de ma zone, personne ne passe, hors jeu, hors jeu ! Comment ça
outrage à un agent assermenté ? Carton rouge monsieur
l'arbitre ? Vous me mettez un carton rouge à moi ? Ah,
j'ai compris... Vous êtes ami avec un joueur de Nantes qui vous a
demandé de me mettre des batons dans les roues pour que je rate le
début du match et que notre défense, par le fait, prenne l'eau...
Bien joué, mais on me la fait pas ! Ah ah !"
20h48. Il se gare en catastrophe sur le
trottoir. "C'était pas un pote d'un joueur nantais en fait...
Peut-être de Saint-Etienne alors..."
21h15. Il sort des vestiaires et se dirige vers
le terrain. C'est la mi-temps. "Alors, les gars, on mène combien ?
4-0 ? Waou, on assure grave, on n'a rien lâché.... ah bon, 4-0 pour
eux ?"
21h45. Le Président s'est échauffé, il demande
à rentrer en jeu. "Je suis chaud-bouillant, va pas falloir me
chauffer les étiquettes ce soir."
21h52. Il rentre sur le terrain. La lumière
s'éteint. "Putain, dommage, je le sentais bien celui-là..."
Journée presque vécue
par Roberto